PORTRAIT OCCUPANT·ES – ALEXANDRE HERROU

Je suis peintre et dessinateur. Mon travail plastique s’établit pour une large part depuis la reprise de la peinture européenne des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, période qui pèse sur mes gestes, tour à tour les embarrassant et les inspirant.

Mes premières hantises viennent de l’enfance : celles des musées de beaux-arts, des tableaux immenses et sombres, patinés, empoussiérés, beaux comme de vieux meubles, et qui saisissent le regard avant même qu’une pensée ne se formule.

Je pars d’œuvres existantes, des tableaux de chasse assez souvent… Les chiens qu’on y trouve m’intéressent particulièrement. Je les extrais de leur contexte pour en faire les pivots de nouvelles compositions. C’est une manière pour moi de travailler avec une imagerie désuète, désaffectée, et de la rouvrir au jeu de la contemplation.

Je développe aussi ma peinture autour d’un principe de dérive : il s’agit de s’éloigner, étape par étape, d’une copie servile, de produire des écarts pour s’octroyer une autorisation de travailler à partir de plutôt que malgré ce qui précède.

Ce lieu est au cœur de ce travail. La présence des résident·es hébergé·es par le CHU en déplaçait l’usage : par les multiples circulations, des rythmes se superposaient ; l’espace était traversé, partagé…

Cela prolonge une question qui me préoccupe actuellement dans un travail de thèse : celle d’habiter, même si dans ce contexte, il s’agit plutôt des images que des lieux. Travailler à partir de ce qui est déjà là, sans chercher à l’effacer, ni à le maîtriser.

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de Plateau Urbain