Stéphanie Boulay est graphiste et plasticienne, spécialisée dans l’identité visuelle, l’édition et les ateliers de création autour du collage et de la réutilisation de matériaux, alliant design et démarche artistique écoresponsable.

Je suis peintre et dessinateur. Je peins principalement à l’acrylique. Une grande partie de mon travail s’inscrit dans une reprise de la peinture européenne des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Je pars souvent d’œuvres existantes qui m’inspirent.
Je travaille beaucoup à partir de peintures de chasse : je me concentre plutôt sur les chiens, j’aime leur expressivité et je les sors de leur contexte pour les utiliser comme pivot dans mon travail. Cela évoque quelque chose de vieux, de muséal, presque poussiéreux, mais en même temps cela renvoie aussi à l’enfance.
Je viens d’un milieu plutôt bourgeois, marqué par les Beaux-Arts et la fréquentation des musées. J’ai également une obsession pour Le Caravage. Je réalise souvent des dérives autour de ses œuvres, comme un jeu : je reproduis une de ses peintures, puis je reproduis ma propre copie sans revoir l’original, et ainsi de suite. On perd progressivement les détails, mais c’est surtout un moyen d’analyser l’effet de la mémoire et du déjà-vu dans le geste pictural.
Je développe aussi une série d’assemblages à partir de détails que je prélève, sous forme de croquis, pour recomposer ensuite un dessin plus baroque, fait d’éléments issus d’une même peinture.
C’est très agréable d’être dans un lieu comme celui-ci. Le cadre est formidable. Le fait que des personnes soient hébergées au CHU (Centre d’Hébergement d’Urgence) est à la fois un peu triste et très vivant. Cela a apporté quelque chose de plus humain, de plus familier : on reconnaissait des visages, des enfants qui circulaient et regardaient les œuvres. Le lieu semblait vivant.
J’ai sympathisé avec pas mal de résident·es. Les renouvellements créent une forme de suspense et entraînent des départs, mais il y a aussi des moments simples et chaleureux, comme faire une pause et boire un café. Malgré tout, ce lieu reste avant tout mon atelier, mon nid : quand je suis ici, j’ai surtout envie de créer.
Je prépare actuellement une thèse en arts plastiques dont l’objet principal est la copie. Mon objectif est d’étendre ma pratique actuelle, notamment vers le volume et une peinture plus abstraite. J’essaie de produire une masse de travaux afin de constituer une exposition.
Quand on commence à créer, on se questionne forcément sur l’originalité. Mais les influences sont multiples, et je ne suis pas sûr que l’on invente réellement quelque chose de totalement nouveau. Nous vivons dans un monde saturé d’images, on se compare sans cesse, et on se demande si tout cela a encore du sens.
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Alexandre Herrou est peintre et dessinateur, travaillant principalement à l’acrylique, dont la pratique s’inscrit dans une relecture de la peinture européenne des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles à travers la copie, la mémoire et le détournement d’œuvres existantes.